Je pars a l’aventure avec un aller simple pour le Mexique, un gros sac sur le dos dans lequel je n’oublie pas de glisser un carnet et une palette. Mon premier long voyage seule, avec une très vague idée de ce que je veux faire et un niveau en espagnol un peu hésitant. Ca fait peur, j’appréhende. Quelques jours avant, j’ai les chocottes, je ne plus y aller, c’est excitant et accablant à la fois de s’imaginer à l’autre bout du monde et surtout de s’y imaginer seule pour une longue durée (6 mois qui se transformeront vite en 8).
Une fois arrivée au Mexique, le premier vert si beau de la végétation dense, les premières discussions, les premiers tacos… Tout d’un coup, je m’ouvre totalement, je ressens une joie profonde d’être ici et la liberté qui me faisait peur devient une délicieuse compagne de route. C’est le début de mon épopée. Pendant cette belle année hors du temps, je change mon itinéraire au fil des rencontres, des conseils, je m’arrête des semaines entières dans les lieux que j’aime, je prends le temps de ralier les endroits les plus reculés, là ou la magie opère.

Mexico – Yucatan
Mon voyage commence dans la chaleur suffoquante et délicieuse du Yucatan. Baptisée par le feu du piment Habanero – que je confonds avec un petit poivron, naïve jeune femme. Cela fait bien rire le serveur du restaurant qui oscille entre l’hilarité (en me mimant comment lui il en mange a pleine main et rajoute de la sauce pimentée dessus) et la pitié (en me ramenant des glaçons). Personne n’aurait parié alors que deux mois plus tard je demanderais systématiquement du rab de pico de gallo pour pimenter mes tacos.
Je découvre le Mexique par la porte d’entrée facile, le Yucatan et la Riviera Maya. Malgré le tourisme, la nature reste sublime, sauvage et résiliente – j’observe des pontes de tortue entre les transats à la plage de Tulum, hallucinant. Je touche au sublime en plongeant dans deux cénotes, le Pit un trou à 33m et Dos Ojos et ses tunnels de stalactiques, stalagmites et colonnes. Une telle lumière, un tel bleu… Ce monde de silence, de calme absolu, hors du temps.

Les couleurs du Mexique sont une inspiration sans fin pour mes pupilles avides de découvertes. Le carnet en main, je m’assois par terre et je sors les pinceaux. A chaque coin de rue une fresque murale, un arbre flamboyant, une tienda aux couleurs de coca cola.


Douce vie que celle qui s’écoule sur les plages de Holbox, qui est resté incroyablement charmante et assez roots. Je me repose, je lis, je dessine et je commence à regarder mon itinéraire du mois prochain. Mon espagnol commence à s’améliorer, j’apprends de très beaux mots comme tiburon ballena (requin baleine).

Amoureuse de la plongée, je décide de m’arrêter à l’emblématique Cozumel. J’en ressors mitigée, entre la magie du lieu et le toursime de masse (paquebots américains, dauphins captifs… écoeurant). Mais je rencontre des supers amis à l’hostel et je vis un moment de grâce ou je nage pendant 20 min à côté d’une raie aigle qui broute tranquillement.


Bélize
Après une longue épopée (pas tout à fait optimisée, mais l’expérience de backpackeuse est cours de peaufinage) qui allie bateau, bus, bus de nuit et ferry, j’arrive à Caye Caulker ou je passe une semaine de rêve, une vie douce rythmée par les plongées et les couchers de soleil une bière à la main. Le slogan de l’île Go Slow et No shirt no problem, à l’ambiance rasta, on est bien dans les caraïbes ici, je troque les tacos pour le poisson au lait de coco et le rice & beans.


Guatemala
Je traverse le Bélize, passe une nuit à San Ignacio, villa adorable lovée autour d’une rivière ou je me rafraichis avec plaisir, et je rentre au Guatemala par la jungle frontalière, pour me plonger dans les temples mayas. Yaxcha, au coucher de soleil avec sous un ciel violet avec les singes araignées. Une nuit magique seule à Tikal avec le bruit des jaguars depuis mon hamac (en fait c’est des singes hurleurs, ouf), puis le lever de soleil du haut d’une pyramide.

Entre deux temples je e prélasse à El Remate, un petit village sur les bords du lac Petén Itza, puis à Flores, une presque île colorée et plus animée. Je passe ensuite quelques jours à Semuc Champey et ses incroyables piscines naturelles.

Je crois bien avoir trouvé la plus belle ville du monde. Ville coloniale et capitale espangole de l’Amérique Centrale jusqu’en 1775 ou un tremblement de terre détruit une partie de la ville. Santiago (Saint Jacques, apôtre important pour les espagnols) de Guatemala (en maya, un endroit ou il y a des abres) fut alors renommé Antigua. Antigua est tout simplement magnifique, des ruines colorées ou la végétation se marie à merveille avec les deventures jaunes et roses, le tout très vivant et animé et entourée de 3 volcans qu’on aperçoit à chaque coin de rue.
THE rando à faire à Antigua, l’ascencion de l’Acatenango et l’observation du volcan Fuego, en activitié. Géniale.

Les chicken bus (ancien bus scolaire jaune, donnée par les Etats Unis), thunés au possible, ambiance joyeuse assurée.


Le mythique lac Atitlan. Chaque village à son ambiance, je passe quelques jours chez les hippies de San Marcos puis la ville artisanale de San Juan, avec un petit passage obligé d’une soirée de fiesta à San Pedro.


Mexico – Chiapas, Oaxaca, CDMX
Le Mexique me rappelle, j’avais seulement effleuré cet immense pays qui a tant à offrir. Après un passage de frontière aventurier, me voilà dans le Chiapas. C’est grisant de me débrouiller seule pour découvrir ses coins reculés, sa jungle, ses guacamayas et Yaxchilan, une temple à l’ombre de Palenque, que j’ai pour moi seule (moi, des singues et quelques milliers de moustiques). Un moment unique, hors du temps.



La côte pacifique du Mexique est sublime. Je la découvre dans l’état de Oaxaca. Il y a bien sur la très touristique Puerto Escondido, dès qu’on s’écarte c’est sauvage et magique. Je passe quelques jours à Sud, entre les hippies de Mazunte et les pêcheurs de San Agustinillo, et au Nord à Chacahua. Il y a très peu de touristes mais je me lis d’amitié à la sortie du bus de nuit avec une canadienne et un espagnole, quand on se retrouve tous les trois sur le bord de la route en se demandant comment faire pour rejoindre la mer.

Je vis un des plus beaux moments de ma vie à nager avec 400 dauphins (pas marseillaise, promis)



Je finis mon séjour au Mexique par trois semaines à CDMX (avec une petite escapada à Guanajuato). J’aime cette ville, son énergie, sa végétation luxuriante en plein centre ville, les stands de tacos à chaque coin de rue, ses fresques murales, son histoire. Je m’y sens bien. Je vis chez deux copains du lycée qui ont déménagé ici il y a quelques années. Je me pose. Je prends le temps. Ca fait du bien après plus de deux mois de voyage. Je reprends des forces pour la suite de l’aventure.


La suite du voyage en america del sur
